Ce que l’informatique m’a appris dans mon métier de recruteuse

Le monde Informatique apporte un très bon éclairage sur notre société, nos méthodes, et surtout notre façon de concevoir le recrutement. D’ailleurs, l’Informatique a été à l’origine de nombreuses innovations, d’abord sur un marché de niche, puis vulgarisées au Grand Public. En d’autres termes, ce qui se passe aujourd’hui en back-office sur la machine d’un.e informaticien.nne se passera demain en frontal sur votre micro-onde.

 

Dans le cadre de mon expérience, plus précisément, je peux dire que le monde informatique m’a apporté les choses suivantes :

La culture de l’open source

Un logiciel Open Source est un programme informatique dont le code source est distribué sous une licence permettant à quiconque de lire, modifier ou redistribuer ce logiciel.

En tant que recruteuse, j’ai longtemps baigné dans cet univers de cloisonnement de l’information percevant la concurrence comme une source potentielle de menace. Plus globalement, le monde du recrutement a longtemps été pensé ainsi, mettant des freins à son amélioration, à son ouverture et donc à son évolution.

La culture de l’open source m’a fait comprendre à quel point l’ouverture et le partage de notre code source, qui pourrait se traduire par un ensemble de bonnes pratiques, recettes de cuisine, idées, a été bénéfique dans l’amélioration de mon travail. Et cela a été, de plus en plus, une évidence dans notre communauté (oui oui, on parle de communauté de recruteurs aujourd’hui) avec l’avènement de Link Humans, Recruiter’s Kitchen, les apéros de Madircom, et aujourd’hui la Clinique RH au sein de laquelle il y a aussi bien une recruteuse d’OVH que la DRH de WeScale.

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La culture de l’Open Source permet d’établir une relation donnant/donnant, où j’ose montrer mes cartes, où chacun partage des informations précieuses souvent cachées. Ceci m’a permis de gagner un temps considérable en comparant mes méthodes et surtout mes retours d’expérience. Cela est bien moins coûteux que d’investir dans des indicateurs révélant des problèmes dans le business, des problèmes révélés bien souvent trop tard, lorsque le marché a déjà changé.

L’exercice de la critique libre

Les informaticiens et les informaticiennes cultivent ce que l’on appelle “le troll”. Cette pratique peut paraître négative voire lourde au quotidien mais ce n’est, ni plus ni moins, une formidable façon de se remettre continuellement en question. Plus la peine de s’enfermer dans une salle de réunion, tu te retrouves sur Twitter pour échanger une vanne, de best practices, une interrogation et cela permet d’obtenir un retour rapide sans détour et parfois (je dis bien parfois) de façon très constructive.

Cette critique ouverte, libre, a donné beaucoup de fil à retordre aux Directions d’entreprises, peu habituées à ces méthodes. Quant à moi, ces critiques, parfois cinglantes, ont été un électrochoc et m’ont permis de mieux comprendre les personnes que je recrutais et donc de mieux faire mon métier.

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Par exemple, j’avais créé, par le passé, le meetup “I L’Hack my RH” donnant la parole aux développeurs.ses sur la façon de rédiger les annonces en recrutement. Mieux que tous les programmes de formation, cet exercice de la critique a mis en lumière à quel point je pouvais être à côté de la plaque en plaçant l’humour au coeur de ma stratégie d’approche. Il est clair que cela faisait bien marrer. Mais, au-delà du fou rire du candidat lors des premières lignes, il n’avait pas toujours le souhait de postuler à mes annonces car la forme avait altéré le fond. Je passais donc à côté de ma cible que je pensais connaître.

Ainsi, en acceptant d’être critiquée par les développeurs et les dévelopeuses, non seulement j’en savais un peu plus sur ce qu’ils attendaient dans la description du poste à pourvoir mais aussi je les incluais dans une démarche d’amélioration continue. Cela a naturellement créé des affinités intellectuelles car ils placent la critique et la qualité au coeur de leur travail.

Par ailleurs, sans m’en rendre compte, je découvrais aussi un nouveau visage aux développeurs et aux développeuses en les rencontrant en dehors du cadre de l’entretien RH. J’ignorais à quel point ils avaient cette capacité à apporter un regard extérieur de qualité sur mon métier, des remarques parfois plus pertinentes que celles reçues par des recruteurs. Je n’imaginais pas non plus à quel point ils avaient cette volonté d’aider les recruteurs, aux heures les plus tardives, dans les meetups RH. Ainsi, d’une simple annonce à améliorer, j’ai découvert plus en profondeur les leviers de motivation de cette population informatique, ce qui les stimule au quotidien et ce, au-delà des aspects financiers.

Tester c’est douter

Enfin, dans le cadre de mes futures réalisations (création d’entreprise et création d’association), le monde informatique, et plus précisément, Fabrice Tavilla, m’a transmis ce concept de Lean Start Up. Ce concept signifie tout simplement qu’il faut se frotter au terrain, échanger au maximum avec les parties prenantes du projet, pas uniquement recevoir les compliments pour la motivation mais surtout accueillir les critiques, les personnes sceptiques, les retours d’expérience, tous ces éléments indispensables qui permettent de voir et de revoir la copie et ce, au début du projet mais aussi tout le long de la vie du projet; Car les comportements changent, le marché et les tendances évoluent et la cible initiale grandit. Ainsi, le but étant d’investir doucement mais surement sans perdre un temps fou à conceptualiser les choses en amont pour finalement se rendre compte que la réalité terrain ne suit pas.

C’est un travail qui demande beaucoup d’énergie, d’efforts sans résultat immédiat ce qui donne parfois l’impression de prospecter de futurs locataires ou futurs propriétaires sans avoir construit le mur ni le toit de la maison. Cependant, ce temps d’identification et surtout de compréhension du marché sur lequel j’interviens est primordial dans la construction de bases saines et donc la réussite de mes projets.

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Ce concept Lean est clairement à la base de mes futurs projets mais aussi de toutes mes réflexions en recrutement en partant du principe qu’un match qui se gagne c’est avant-match bien préparé. Or, bien trop souvent, la partie réflexion dans le cadre du projet en recrutement est négligée ou trop rapide avec la fameuse excuse “on n’a pas le temps” (Coder, recruter, même combat !).

Ainsi, la plus grosse partie du budget en recrutement est utilisée dans des moyens humains, dans des outils de sourcing, et autres moyens d’approche alors que beaucoup d’économies seraient réalisées si la réflexion en amont avait été

  • plus poussée, avec une appréciation collective du projet en recrutement, qui dépasse l’équipe de recrutement,
  • plus testée avec des retours d’expérience de l’équipe (expériences passées des recruteurs et retours d’expérience des candidats recrutés et non recrutés)
  • et plus challengée avec un retour sur l’historique du recrutement (les ratés sur cette recherche, les raisons du départ si le poste est un remplacement etc)

En conclusion, je dirais à tous les informaticiens et à toutes les informaticiennes : restez comme vous êtes ! Car vous apportez beaucoup aux recruteurs et plus globalement aux personnes désireuses de s’améliorer dans leur métier. Et comme avez toujours un coup d’avance sur le marché, je suis ravie d’avoir un pied dans le futur en travaillant à vos côtés !

Shirley Almosni Chiche

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